Comment connaître l’acidité de son sol ?

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Connaître l’acidité de son sol, c’est savoir quoi planter ! Car chaque plante a ses préférences !


Qu’est-ce que le pH ?

Le pH (abréviation de potentiel hydrogène) permet de mesurer l’acidité du sol sur une échelle allant de 0 à 14.

0 correspond aux acides (ex: l’acide chlorhydrique) et 14 aux bases (ex : la soude caustique). Comme vous l’aurez compris, 7 représente la neutralité. Cependant, pour les végétaux, on admettra que la neutralité se situe à un pH de 6.5 car c’est là que la vie microbienne du sol se développe le mieux.

En France, lorsque l’on parle de pH du sol, il s’agit du pH eau. Il est mesuré après avoir placé l’échantillon de terre dans de l’eau déminéralisée (dé-ionisée).

Tout au long de cet article, le terme “pH” fait référence au pH eau.

Remarque : on peut trouver des sols riches en bases mais qui ne sont pas solubles ! Ainsi, le pH eau mesuré sera bas (sol acide). Les plantes qui poussent sur ce type de sol sont dites basicoles. 

Facteurs influant sur l’acidité des sols.

L’acidification des sols est la conséquence naturelle de l’activité biologique des racines, des champignons et des bactéries. Cette acidification peut être aggravé artificiellement par l’intervention humaine (emploi d’engrais ammoniacaux et de certains produits phytosanitaires comme l’emploi du soufre).

De même, si le sol a une activité biologique faible avec un faible perméabilité, le lessivage par l’eau de pluie aggrave l’entraînement des nitrates dans les nappes phréatiques provoquant l’acidification du sol. 

Les saisons font généralement varier le pH de plus ou moins 0,5 voire 1 unité. Le pH augmente en hiver et baisse en été.

C’est la dissolution de la roche mère qui libère des bases et réduit l’acidité du sol. Un sol vivant possède un pouvoir tampon élevé. C’est-à-dire qu’il aura une plus forte capacité à neutraliser les facteurs acidifiants.

On parle alors d’acidification d’un sol quand les facteurs acidifiants l’emportent sur le pouvoir neutralisant (ou tampon) du sol.

Pourquoi connaître le pH de son sol est-il important ?

Le pH du sol a une influence directe sur l’assimilation des nutriments et des oligo-éléments des plantes mais aussi sur la vie microbienne et la faune vivant dans le sol. En effet, un sol trop acide ou trop alcalin empêchera vos plantes de se nourrir correctement. Plus le sol est acide et plus la proportion de cations nutritifs « échangeables » est faible.

On s’accorde à dire qu’un pH compris entre 6,5 et 7 convient pour la grande majorité des plantes. Deux cas de figures se présentent :

  • Vous avez déjà des plantes : dans ce cas, connaître le pH vous permettra de savoir si vos plantes évoluent dans un sol avec un pH qui leur correspond. Si nécessaire, vous pourrez corriger le pH avec différentes méthodes citées plus bas.
  • Vous voulez planter sur un sol non pourvu : dans ce cas, vous pourrez alors modifier le pH du sol en fonction des plantes qui vous souhaitez accueillir.

Dans le cas où vous voudriez corriger le pH, il faut y aller petit à petit. Attention aux dosages excessifs car un réglage trop brutal, aussi bien en acidifiant qu’en alcalinisant, pourrait tuer vos plantes et toute la faune dont elles ont besoin (bactéries, vers de terre, etc.).

Caractéristiques d’un sol trop acide :

Quand le pH descend trop bas, c’est-à-dire quand il est inférieur à 5,5, il faut rapidement intervenir !

En effet, la fertilité du sol en est réduite car le phosphore, le potassium et le magnésium sont moins disponibles pour les végétaux. Aussi, la solubilisation de certains minéraux (favorisé par le milieu acide) peut être à l’origine de toxicités avec l’aluminium, le cuivre et le manganèse par exemple.

Climat : généralement, les sols des régions continentales à climat pluvieux tendent à être acides car l’eau va emporter plus d’éléments alcalins. De même les climats chauds et humides qui présentent une activité biologique très intense possèdent des sols acides.

Végétaux : les forêts de conifères marquent la présence d’un sol plutôt acide. Les lierre, myrtille et certains lichens apprécient tout autant les sols acides. Les légumineuses, qui produisent de l’azote sous forme d’ammonium principalement, peuvent être considérées comme particulièrement acidifiantes. Mais contrairement aux engrais dont l’action est quasi immédiate, l’acidification provoquée par les légumineuses est lente et se trouve dans le sol et à la surface.

Texture du sol : Les sols sableux et limoneux sont plus acides et sont sensibles à l’érosion contrairement aux sols alcalins. Aussi, le compactage des sols acidifie le sol faute d’oxygène.

Caractéristiques d’un sol alcalin :

L’activité bactérienne qui produit des nitrates (ions négatifs), fait monter le pH du sol, en le rendant plus alcalin. Un sol trop alcalin empêche les plantes de puiser leur eau.

Climat : Les sols neutres ou alcalins se rencontrent sous des climats secs (pas de perte d’alcalinité).

Plantes calcicoles : Comme les Asaret d’Europe Asarum europaeum, Aspérule odorante* Galium odoratum, Bois-joli Daphne mezerum, Brachypode des bois Brachypodium sylvaticum, Camérisier Lonicera xylosteum, Campanule gantelée Campanula trachelium, Cornouiller sanguin Cornus sanguinea, Gesse printanière* Lathyrus vernus, Laîche des bois Carex sylvatica, Laîche digitée Carex digitata, Laurier des bois, Daphne laureola, Mélique à une fleur Melica uniflorum, Mercuriale vivace Mercurialis perrenis, Merisier Prunus avium, Orge d’Europe, Hordylemus europæus, Viorne mancienne Viburnum lantana.

Texture du sol :

  • La plupart des nutriments se dissolvent moins facilement, ce qui cause la précipitation des composés de calcium, de fer et de phosphore;
  • Absorption réduite du manganèse, du phosphore et du fer, mais aussi du cuivre, du zinc et du bore. Cela cause des carences, surtout dans les substrats humides et froids;
  • Dans les sols sablonneux, la dégradation des substances organiques augmente considérablement si le pH est trop élevé.
Acidité sols géographie monde

Répartition géographique de l’acidité des sols – source Wikipédia

Comment connaître le pH de son sol ?

  • Le prélèvement des échantillons à analyser :

La partie du sol que vous devez analyser est celle dans laquelle la plupart des végétaux iront puiser pour leur croissance, autrement dit une couche de terre située entre 20 et 30 cm de profondeur, dite couche arable.

Munissez-vous de bocaux de verre (type confiture) et d’une pelle à main (ou transplantoir). Prélevez à la profondeur dite de petites pelletées, à différents endroits de votre terrain pour que l’échantillon de terre soit représentatif.

Bien sûr, si une partie de votre jardin est très sablonneuse, et qu’un filet d’argile sous-tend votre potager, le bon sens commande d’effectuer deux analyses distinctes !

  • Les bandelettes réactives :

Pour aller plus loin : on achète ce kit en jardinerie, ou parfois même magasin bio, pour 7-9 euros. Ce type d’analyse n’est pas complet : il permet de connaître le pH du sol rapidement, mais ne va pas vous donner la composition précise de votre sol.

La mise en oeuvre ressemble fortement aux travaux pratiques que vous avez pu faire plus jeune (ou pas) : on utilise un tube à essais, de l’eau déminéralisée et des bandelettes cartonnées. On remplit le tube à essais avec le mélange de terre et on complète avec l’eau avant de le refermer, puis on agite fortement le contenu.

La terre va ensuite naturellement former un dépôt et il sera temps de plonger une bandelette réactive dans le tube pour connaître le pH du sol en fonction de la couleur que prend le papier.

  • Les testeurs de pH électroniques :

La variante est le testeur à sonde, à enfoncer directement dans le sol.

  • Les tests fait maison :

Vous avez probablement dans la maison du bicarbonate de soude et du vinaigre blanc, spécialement si vous réalisez déjà vos produits ménagers naturels.

Répartissez votre échantillon de terre dans deux récipients. Dans le premier, versez du vinaigre blanc. Si le vinaigre réagit (bulles), votre sol est alcalin.

Ajoutez de l’eau dans le deuxième récipient jusqu’à former une boue. Versez alors du bicarbonate, qui devrait pétiller, signifiant que le sol est acide.

Dans le cas où aucun des deux tests ne réagit, le sol est probablement neutre (pH de 7). Ce test permet aussi une première analyse.

  1. Verser un peu de vinaigre blanc à 12% ou de l’acide chlorique à 30% sur la terre.
  2. L’effervescence démontre la présence de calcaire ; ainsi plus les bouillonnements sont importants, plus votre terre est calcaire. Inversement, s’il n’y a pas de réaction, c’est que votre terre est acide.

Prenez garde, certains matériaux utilisés lors des prélèvements ou des différents tests peuvent fausser les résultats ainsi privilégiez le verre, la porcelaine et l’usage de gants en latex.

  • L’analyse en laboratoire :

Vous pouvez également remplir un petit sac plastique de 500 gr à 1 kg du mélange, et le confier à votre jardinerie, qui le remettra à un laboratoire équipé pour les analyses du sol. Les informations obtenues seront nettement plus larges et complètes; mais c’est plus cher…

Un autre test est possible, plus cher néanmoins. Il s’effectue en laboratoire. Il faudra relever un échantillon beaucoup plus important (jusqu’à un kilo) et l’amener dans votre jardinerie, qui fera le lien avec un laboratoire spécialisé.

  • Les plantes bio-indicatrices qui poussent naturellement dans votre terrain :

L’élévation du pH bloque l’activité des bactéries. Ce qui provoque la présence des légumineuses comme les vesces.

A partir du pH 7, les plantes qui poussent sur le sol sont dites calcicoles car la majorité des plantes qui poussent dans un sol avec un tel pH sont calcaires.

Entre 3 et 6,5 on a un sol acide, carencé en base.

Précision : on peut se trouver en présence d’un sol riche en bases mais dont celles-ci ne sont pas actives ni solubles ! Sur ce type de sol, on verra pousser des plantes basicoles. Les bases même non actives lèvent la dormance de certaines espèces basicoles.

Mon sol est trop acide, que faire ?

  • Le chaulage : Au sol trop acide, appliquer de la chaux, à raison de 10 kg/are pendant 2 ans. Cet apport se fera en novembre pour ne pas nuire aux cultures. S’il fallait apporter de la chaux au printemps ou en été, utiliser la marne calcaire. Il convient de ne pas excéder la dose, car la chaux mange l’humus et appauvrit donc le sol. Facteur limitant essentiel pour la plupart des sols et des cultures = Chaulage incontournable (sauf pour les plantes acidophiles) pour neutraliser l’aluminium.

Mon sol est trop alcalin, que faire ?

Attention donc aux amendements basiques (carbonates de calcium) sur un sol riche en bases (même non actives, pH 6) qui vont provoquer des anaérobioses et perturber la vie microbienne anaérobie !

Si le sol contient trop de calcaire, on lui donnera du soufre à raison de 2,5kg / are. On peut augmenter le volume en y ajoutant du sable de Rhin sec. Le résultat ne se fera sentir qu’après 2 à 3 ans.

Suivi de l’acidité de votre sol

il n’y a que sur le long terme ou en multipliant les analyses que l’on peut réellement apprécier une acidification ou alcalinisation du sol. Le pH KCl est une donnée qui, quoique soumise aux variations annuelles, semble plus robuste : classiquement, sa variabilité saisonnière est de +/- 0,3 et elle dépasse très rarement 0,5 (sauf en cas d’opérations particulières identifiables). Par ailleurs, une opération de chaulage de correction n’est efficace que si elle modifie le pH KCl. Comme le montrent les résultats d’essais pluriannuels présentés ci-dessous, des amendements à forte solubilité vont surtout agir sur le pH eau alors que des amendements grossiers vont répondre moins rapidement mais avec une action « de fond ».

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